L’extrême droite intimide un débat LGBQI+ à Anvers

Hier soir, à Anvers, a eu lieu un débat sur les relations interculturelles. Le débat a dû être déplacé après l'intimidation de l'extrême droite.

Hier soir, à Anvers, a eu lieu un débat sur les relations interculturelles. Il était organisé par ‘het Roze Huis’ à l’occasion d’une version musicale du film Mixed Kebab (sur les relations mixtes entre deux hommes). Le débat a dû être déplacé après l’intimidation de l’extrême droite. Il a pris place dans un cercle plus restreint avec une retransmission en direct sur les médias sociaux. Heureusement, cela a permis de maintenir ce débat. En attendant, cet incident montre le danger de l’extrême droite. Il faut lutter contre ce danger !

L’extrême droite tente régulièrement de se présenter comme pro-LGBTQI+. C’est souvent davantage la volonté de rependre leurs idées racistes que par une réelle préoccupation des droits des personnes LGBTQI+. Ils tentent de réduire l’homophobie ou le sexisme à un problème n’existant que dans certaines communautés d’origines immigrées. Cela n’apporte pas de réponses aux vrais préjugés mais ne fait que diffuser la division. Pour lutter réellement contre préjugés et discriminations, il est essentiel défendre activement des mesures sociales telles que du travail pour tous/toutes, un logement abordable pour tous/toutes, plus de services publics de qualité et accessibles à tous/toutes, … et défendre une société sans déficit social. C’est sur la base des pénuries que les préjugés sont le plus facilement diffusés et/ou plus durablement maintenus.

Pour une partie de l’extrême droite, défendre les droits des LGBTQI+ est un pas de trop. D’un conservatisme extrême, parfois complété par un fondamentalisme religieux, toute une partie de l’extrême droite lutte contre les droits des LGBTQI+. Nous l’avons vu en 2015, par exemple : le même jour que la Pride à Bruxelles, une « Marche pour la famille » était organisée à Anvers. Ils exigeaient, entre autres choses, l’interdiction de la Pride. L’initiative a été co-organisée par le membre de la N-VA – Wouter Jambon – du groupe KVHV catholique d’extrême droite. Filip Dewinter du Vlaams Belang était l’un des participants les plus connus de la marche.

Lorsque la ‘Roze Huis’ d’Anvers a annoncé un débat sur les relations interculturelles, l’extrême droite a fait barrage. Le fait que l’une des conférencières, une militante bien connue, porte un foulard a été également utilisé par ces groupes. Des militants d’extrême droite se sont inscrits pour prendre part au débat. ET le débat a dû être déplacé pour des raisons de sécurité. Cela montre le danger que représente ces groupes d’extrême droite de plus en plus visibles et offensifs. Oumayma Hammadi de la RainbowHouse de Bruxelles a déclaré dans ‘De Standaard’ : « Ils ne se battent pas pour des droits, mais pour opprimer d’autres personnes. Ils veulent répandre la haine et l’inégalité. » Sur la base de la mobilisation et des luttes, nous pouvons à nouveau pousser l’extrême droite dans la défensive. Leur prochain rdv (de l’extrême droite) est une manifestation de la NSV (étudiants du Vlaams Belang) à Louvain le 9 mai. Organisons une contre-manifestation forte !

Ces dernières années, on a parfois eu l’illusion que la lutte pour l’égalité des droits avait été gagnée. Cependant, l’égalité juridique, qui est loin d’être atteinte, ne signifie pas non plus que cette égalité est réelle. De plus, la violence homophobe est en hausse. L’été dernier, il y a eu une action de protestation à Gand. Une lutte active pour l’égalité des droits et contre ce qui nous divise – racisme, homophobie, sexisme, … – reste nécessaire. Pour mener cette bataille, défendons des revendications sociales telles que des investissements publics massifs dans les soins, l’éducation, le logement abordable et l’environnement ; des salaires plus élevés et une augmentation du salaire minimum à 14€/h ; des pensions plus élevées ; … Afin d’avoir les bases matérielles nécessaires pour pouvoir construire l’unité des jeunes et des travailleurs/travailleuses – au delà de toutes divisions – et de leurs luttes contre les ceux à qui profitent effectivement ces discriminations et cette haine : les 1% de la population qui s’accapare toutes les richesses et ne vit que pour ses profits. Changeons de système ! Défendons une société qui se base sur les besoins et les capacité de chacun à la place des profit d’une minorité. Défendons une société qui combat effectivement chaque préjugé et non pas qui les utilise pour diviser la population afin de maintenir le pouvoir de quelques uns. Défendons une société qui recherche des solutions pour tous et toutes à chaque pénurie sociale et non pas qui exclue tous ceux qui ne permettent pas de faire du profit immédiat ! Défendons une société socialiste démocratique !

Publié sur le site ‘Blockbuster.be’, le 27 mars 2019

 


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