Aides ménagères philippines (OFW) : travailleuses exploitées

Les "Overseas Filippino Workers" sont des femmes employées comme des aides ménagères, qui reçoivent des contrats de deux ans, souvent dans des pays du Moyen-Orient, et qui sont appréciées pour leur attitude soumise et leur réticence à 'faire des histoires' si elles sont maltraitées.

CW: violences physiques, abus sexuel, harcèlement.

Presque 10 millions de femmes philippines, soit 1/10e de la population totale du pays, font partie de la main-d’œuvre ‘exportée’ et sont appelées OFW (Overseas Filippino Workers). Selon les estimations, ces travailleuses renvoient environ 31 milliards de dollars par an dans leur pays, soit 10% du PIB…

Il s’agit d’aides ménagères, qui reçoivent des contrats de deux ans, souvent dans des pays du Moyen-Orient, et qui sont appréciées pour leur attitude soumise et leur réticence à ‘faire des histoires’ si elles sont maltraitées.

Eloge du président

Le président Duterte lui-même a fait l’éloge des OFW en les qualifiant de « héros » pour l’argent qu’elles rapportent aux Philippines de l’étranger.
Pour cette raison, le gouvernement embellit leur situation et leur travail à travers les médias; il a même fait de décembre le mois de l’OFW et organise des célébrations quand toutes ces travailleuses retournent au pays pour voir leur famille. Ce congé est bien sûr payé de leur propre poche…

Formées pour être soumises, même pour se faire harcélées

Dans le documentaire OFW, qui parle de leur histoire, on les voit suivre des formations spécialisées pour apprendre à faire des travaux domestiques : nettoyer, cuisiner, donner le bain aux enfants et aux adultes âgés ou handicapés. Le film montre ces femmes en train de recevoir des conseils sur le terrible isolement qu’elles vont devoir se préparer à vivre et à la séparation avec leurs propres enfants. Une partie des cours prend la forme de jeux de rôle, comme par exemple apprendre à recevoir les abus qu’elles subiront inévitablement, en jouant à tour de rôle la maîtresse ou maître criant sur une OFW qui n’aurait pas correctement nettoyé la salle de bain…

On leur dit: « Ne pleurez jamais devant votre employeur ; cela montre votre faiblesse. Les Philippins ne sont pas faibles« .

Il y a également un cours sur le comportement à adopter si (ou peut-être plutôt quand) le maître de maison, ou ses frères ou fils, tentent de les violer. Une femme est montrée en train de vaporiser du parfum dans les yeux de la personne qui joue le rôle de l’agresseur. Plus tard, le professeur explique à la classe que, si ces agressions deviennent fréquentes, il faut le signaler: ‘pas à la police, mais à l’agence!’

Il faut aussi noter que, les employeurs parfois font travailler ces femmes sept jours sur sept, sans répos. Aussi, souvent les agences detiennent les passports des travailleuses, comme ça elles sont emprisonnées chez leurs employeurs.

Aucun héroïsme dans l’exploitation

Il n’y a certainement rien d’héroïque à la situation de ces femmes que le désespoir de la pauvreté pousse loin de leur pays, de leurs proches et enfants, à s’emprisonner dans des maisons de riches, à subir des tortures ou du #harcèlement, pour gagner à peine de quoi survivre et en envoyer la grande partie à leurs familles. Il y a à peine deux ans, à #Chypre, les cadavres de 35 femmes ont été retrouvés: elles avaient été violées, et assassinées – elles étaient toutes des aides-ménagères.

Les tâches domestiques: un travail nécessaire et féminisé

Sous le capitalisme, les rôles genrés sont tels que ce sont encore majoritairement les femmes qui sont chargées des tâches ménagères, que ce soit du travail non-rémunéré pour leur propre famille, ou bien de l’esclavage payé, dans le cadre du travail de domestique pour une famille riche, comme les OFW le font par exemple.

Pour gagner l’émancipation des femmes, le seul moyen est la lutte organisée au sein du mouvement ouvrier, contre le système capitaliste.
C’est exactement la lutte que mène la Campagne Rosa!


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ROSA organise des actions, des événements et des campagnes pour combattre le sexisme et le système qui l’entretient : le capitalisme.