Equal Pay Day : Pour de meilleurs salaires, pour toutes et tous !

Le 14 mars prochain se tiendra l’Equal Pay Day, la journée de l’égalité salariale. Ce n’est, en effet, qu’à cette date que les femmes auront rattrapé le niveau de salaire brut annuel que les hommes ont touché fin décembre. L’écart salarial s’est quelque peu réduit ces derniers temps, mais il s’élève toujours à 21% dans notre pays.

Plusieurs éléments expliquent cette situation. Les femmes ont des carrières professionnelles moins longues que les hommes en raison du rôle social qui continue à leur être presque exclusivement assigné. Elles sont aussi victimes d’une double ségrégation : elles sont généralement cantonnées dans les secteurs d’activité les moins rémunérateurs et où les temps partiels prévalent. Elles sont également bloquées dans la progression de leur carrière en raison du ‘‘plafond de verre’’. En effet, on leur permet moins qu’aux hommes d’accéder aux fonctions de cadres et de dirigeants et au travail hautement qualifié.

Le salaire des femmes est encore souvent considéré comme un revenu d’appoint pour la famille plutôt que comme un salaire à part entière. Cette situation les rend souvent financièrement dépendantes de leur partenaire et plus susceptibles de passer sous le seuil de la pauvreté.

Les différentes mesures prises par le gouvernement Michel rendent les femmes d’autant plus vulnérables: dégressivité des allocations de chômage, diminution voire suppression du complément en cas de travail à temps partiel involontaire, exclusion du chômage des personnes en bénéficiant sur base de leurs études, suppression du crédit-temps sans motif, allongement de la carrière, modification des périodes assimilées pour la pension,…

Sans parler des attaques brutales que subissent nos services publics et qui ne vont certainement pas aider à combler le fossé salarial entre hommes et femmes. En effet, c’est au niveau des statutaires du secteur public que l’écart salarial est le moindre puisque la négociation des salaires y est collective !

Le rapport 2016 sur l’écart salarial entre hommes et femmes indique clairement la poursuite de la précarisation de l’emploi. En effet, on constate que l’écart entre femmes travaillant à temps plein et femmes travaillant à temps partiel augmente alors que l’écart entre femmes travaillant à temps partiel et hommes travaillant à temps partiel diminue.

Ceci montre à quel point il est important que tous les travailleurs s’unissent pour de meilleurs salaires pour tous. Il nous faut lutter tous ensemble contre les bas salaires. La faible marge salariale de 1,1 % issue du dernier Accord Interprofessionnel (AIP) et la révision de la loi de 1996 sur la compétitivité ne nous laissent pas entrevoir beaucoup d’espoir d’amélioration de nos conditions de vie.

Le Global gender gap index 2016 (mondial) indique, quant à lui, un recul de notre pays en matière de santé. Il se place à la 64ème place sur 144 pays. Le démantèlement de la sécurité sociale (avec, entre autres, la hausse du ticket modérateur de 45 % pour les visites chez certains spécialistes comme les gynécologues) n’y est certainement pas anodin. On constate que de plus en plus de familles, a fortiori quand elles sont monoparentales, reportent voire renoncent à des soins en raison de leurs coûts.

La précarisation s’accélère. Il nous faut casser ce cercle vicieux par la lutte unifiée de tous les travailleurs, en ce compris les couches précarisées, autour de revendications offensives telles que l’augmentation du salaire minimum à 15 euros de l’heure et la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires.


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