2017 – Année de la contre-attaque pour les droits des femmes !

Si la lutte pour les droits de femmes s’est intensifiée depuis plusieurs années déjà, 2017 aura marqué un point tournant. L’élection de Trump fut un électrochoc mondial.

Le lendemain de son investiture, le 21 janvier, 3,5 millions d’Américains ont manifesté dans le pays. Contre son racisme, bien sûr, et contre la politique pro-riche qu’il annonçait. Mais la résistance contre le sexisme était l’élément dominant de ces ‘‘Million Women March’’. Des dizaines de milliers de personnes ont fait de même à travers le monde. Depuis, la problématique du sexisme n’a plus quitté le devant de la scène. Des couches de plus en plus larges sont conscientes que si le sexisme est hélas courant, ce n’est pas pour autant une fatalité. Le sexisme quotidien peut être combattu, tout comme la destruction de nos conquêtes sociales (services publics, conditions de travail…) !

À l’aide des réseaux sociaux et des hashtags #MeToo et autres, depuis l’affaire Weinstein, le harcèlement et les violences à l’encontre des femmes sont enfin largement dénoncés. Dans une série de pays, la résistance se construit dans la rue contre les lois qui brident les droits des femmes (droit à l’avortement, accès à la contraception,…), mais aussi contre leur position économique de second rang (différences salariales, mesures d’austérité qui frappent plus durement les groupes plus précarisés tels que les femmes,…).

À l’image de Mai ’68, dont les 50 ans sont commémorés cette année, dans l’Histoire, les progrès de l’émancipation des femmes ont le plus souvent été obtenus par des périodes de luttes généralisées pour de meilleures conditions de vie plutôt que de luttes spécifiques pour les droits des femmes. Mais, pour cela, les femmes doivent faire partie intégrante de ces combats ! Les organisations du mouvement des travailleurs (politiques, syndicales,…) doivent avoir une attention spécifique à leur égard pour les y intégrer.

Montée des luttes

Aux USA, la date du 20 janvier, un an après l’investiture de Trump, a été utilisée comme étape pour poursuivre la construction de la résistance dans la rue. C’est important : ne pas limiter #MeToo aux réseaux sociaux mais le construire effectivement, en le faisant descendre dans la rue. Les actions n’étaient pas aussi spontanées et pas aussi grandes que l’année dernière, mais elles sont progressivement mieux organisées pour pouvoir être construites. La prochaine étape sera la journée du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Au Brésil, comme dans d’autres pays d’Amérique latine, il y a une résistance croissante à la violence contre les femmes. La crise économique et sociale dans le pays entraîne une augmentation de la violence. Et le gouvernement de droite de Temer essaie d’abolir des droits tels que l’accès à l’avortement (actuellement, il est déjà limité aux cas de viol ou lorsque la vie de la mère est menacée). A la mi-novembre, il y a eu une première vague d’action, dont 10.000 manifestants à São Paulo.

En Pologne et en Irlande ont lieu des actions pour le droit à l’avortement. Les femmes veulent décider elles-mêmes d’avoir ou non des enfants. Les tentatives d’abolir l’accès (déjà extrêmement limité) à l’avortement en Pologne ont été considérablement affaiblies par la pression des protestations. En Irlande, le soutien large en faveur du droit à l’avortement met la pression pour des changements constitutionnels.

En Belgique, on ne peut pas encore parler de réel mouvement, mais nous avons connu les plus grandes mobilisations pour les droits des femmes depuis plusieurs décennies. Le 28 septembre, quelques 3.000 personnes se sont mobilisées pour le droit à l’avortement et un nombre similaire s’est réuni le 25 novembre pour protester contre la violence vis-à-vis des femmes. Les femmes jouent également un rôle actif dans les luttes syndicales, et notamment contre les attaques sur les pensions. La pension des femmes est en moyenne inférieure de 26% à celle des hommes. Toutes les entraves à l’obtention d’une carrière complète et à une pension décente sont encore renforcées par la réforme en cours. Quatre retraités sur dix vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté, dont les deux tiers sont des femmes.

> 8 mars 2018 : En action contre le sexisme !

BRUXELLES: Jeudi 8 mars à 16h ULB solbosch devant le foyer – avenue Paul Héger. Pour rejoindre l’action de La Marche Mondiale des Femmes à la Gare Centrale à 17h30.

LIEGE: jeudi 8 mars à 18h Place Saint Etienne, où se tiendra un village féministe à partir de 17h30 (après une cycloparade féministe l’après-midi).

GAND: Jeudi 8 mars à 19h30 à la Hôtel de ville de Gand

ANVERS: Jeudi 8 mars à 19h00 Ossenmarkt

Mais aussi des actions à Mons le mercredi 7 mars et à Namur le samedi 10 mars. Contacte-nous!

> 31 mars : Grande conférence ROSA – From MeToo to FightBack

=> Informations pratiques et programme


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ROSA organise des actions, des événements et des campagnes pour combattre le sexisme et le système qui l’entretient : le capitalisme.