Comment lutter contre le sexisme quotidien ?

De plus en plus de jeunes filles et de travailleuses sont prêtes à rejoindre une nouvelle vague de lutte contre le sexisme. Un féminisme des 99% qui inclut les femmes, les hommes, les communautés LGBTQI+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queer, intersexes, etc.) et qui exclut les milliardaires et les politiciens à leurs bottes.

On a vu l’ampleur de ce mouvement lors des manifestations de masse contre Trump et pendant les mobilisations à l’occasion de la journée du 8 mars dans plusieurs pays.

Cette nouvelle vague féministe défend le droit de la femme à choisir comment elle veut se montrer et s’habiller, et ce, sans se faire insulter, harceler ou violenter. Elle défend les acquis de la lutte pour la liberté sexuelle menée par les générations précédentes de féministes, mais s’oppose parallèlement aux pressions que subissent les femmes pour adopter des comportements qui ne correspondent pas nécessairement à leurs besoins et désirs.

Comment réagir face aux insultes, blagues, harcèlements et violences sexistes quotidiennes ?

C’est une question que l’on s’est toutes posées… En 2015, la campagne «Wij overdrijven niet» («Nous n’exagérons pas») a permis de créer un mouvement sur les réseaux sociaux où beaucoup de femmes ont pu partager leurs propres expériences et ont dénoncé la banalisation des harcèlements et violences qu’elles subissent. Ces réponses collectives peuvent créer une pression sociale très forte. Cela s’est par exemple illustré quand l’ancien doyen de psychologie de la VUB, Willem Elias, a été obligé de démissionner suite à une vague d’indignation provoquée par ses remarques culpabilisant les victimes de viol.

Certaines situations exacerbent encore plus les comportements sexistes, comme par exemple à la sortie de soirées étudiantes ou des boîtes de nuit. Pour beaucoup de jeunes filles, le retour après une soirée peut devenir un véritable cauchemar. Alors, pourquoi ne pas mener une campagne pour des transports publics gratuits la nuit qui permettent de rentrer chez soi en sécurité ?

Par ailleurs, beaucoup de jeunes ne sont même pas conscients du sexisme présent dans certains commentaires ou de l’ampleur du phénomène de harcèlement. Pouvoir en parler c’est déjà un premier pas. Il est possible de créer des espaces au sein des écoles où cette question peut être discutée ouvertement.

L’action comme méthode contre le sexisme

En Espagne, dans plus de mille écoles secondaires, des jeunes ont organisé le 8 mars des arrêts de cours contre les violences sexistes et pour les droits des femmes. Ils ont organisé des assemblées, des concentrations, des manifestations et toutes sortes d’actions appelant à un féminisme de classe et combatif. Dans ces écoles, le sexisme sera certainement plus fortement dénoncé et combattu après une telle expérience.

Le sexisme n’est pas inévitable

Pendant des centaines d’années, la biologie a été utilisée pour justifier l’inégalité des sexes et l’infériorité des femmes. Aujourd’hui encore, l’ eurodéputé polonais d’extrême droite Janusz Korwin-Mikke affirme que les femmes doivent gagner moins que les hommes parce qu’elles sont plus faibles, plus petites et moins intelligentes. En tant que marxistes, on ne considère pas le sexisme comme naturel ou biologique. On constate que le sexisme a évolué parallèlement à la propriété privée et à la division en classes de la société.

Le capitalisme est un système économique et social qui ne peut pas fonctionner sans sexisme. Il est vrai que les femmes ont connu une série d’avancées légales, ont réintégré le marché du travail et que les perspectives d’avenir des jeunes filles ne se limitent plus aux tâches ménagères et à s’occuper des enfants. Cependant, les discriminations et le sexisme sont toujours bien vivants. La famille traditionnelle est peut-être affaiblie, mais elle est toujours essentielle au fonctionnement économique du système. Le contrôle du corps et de la sexualité de la femme persiste et le «travail reproductif» fourni gratuitement par les femmes est toujours crucial pour élever et nourrir une nouvelle génération de travailleurs.

Le harcèlement et les violences envers les femmes ne sont pas des cas isolés, c’est le reflet d’un système où les femmes se trouvent dans une situation sociale et économique plus précaire. Une femme sur trois en Europe a subi une forme de violence physique ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans, selon une enquête de la FRA1. Une adolescente sur cinq a déjà été insultée en ligne sur son apparence physique, d’après une étude française2. Combattre les symptômes du sexisme ne suffira pas, il nous faut construire une alternative sociétale qui lie la lutte féministe à la lutte pour le socialisme.

1 Agence européenne des droits fondamentaux
2 http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/27/les-violences-sexistes-et-sexuelles-en-ligne-une-fatalite-pour-les-dolescents_5003826_4408996.html


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ROSA organise des actions, des événements et des campagnes pour combattre le sexisme et le système qui l’entretient : le capitalisme.