USA – Nous refusons de retourner au placard ! La droite poursuit la guerre contre les LGBTQI+ !

Au moment de la publication de cet article [juin 2018], la Cour suprême a rendu une décision en faveur d'un boulanger du Colorado qui a refusé de faire un gâteau de mariage pour un couple homosexuel.

Cette décision très attendue est une attaque directe contre la communauté LGBTQI+ déguisée en une protection de la « liberté religieuse ».

La décision a été rendue au tout début du mois de la Pride. La communauté LGBTQI+ devrait s’unir à toutes les personnes opprimées et utiliser les événements de la Pride comme point de départ pour un mouvement coordonné contre les attaques de la droite et pour des programmes sociaux entièrement financés, le logement, l’assurance maladie et d’autres droits essentiels.

Après des décennies de dur combat pour les droits des LGBTQI+, la réaction de Trump menace de nous faire reculer. Nous restons fermes et refusons de retourner au placard. Toute une génération de jeunes est aujourd’hui revigorée pour lutter pour les droits des LGBTQI+, contre le racisme et contre le sexisme.

Alors que 7% des jeunes s’identifient comme LGBTQI+, ils représentent 40% des jeunes sans-abri. Le revenu moyen des ménages pour les couples de même sexe est inférieur de 20% à celui des couples hétérosexuels. Et, de façon dévastatrice, la Coalition Nationale des Programmes Anti-Violence rapporte qu’il y a eu une augmentation de 86% des homicides anti-LGBTQI+ en 2017 comparativement à 2016. Les conditions inégales et souvent dangereuses auxquelles sont confrontés les LGBTQI+ ont été intensifiées sous la présidence de Trump, qui a enhardi les bigots de toutes tendances.

L’agenda anti-LGBTQI+ de Trump

L’élection de Trump et de son vice-président Mike Pence, fortement anti-LGBTQI+, a enhardi toute une série de gens. L’effet de la présidence de Trump a été immédiatement ressenti par les LGBTQI+ lorsque les crimes haineux ont atteint des sommets le lendemain de l’élection de Trump en 2016. Entre-temps, les législateurs républicains locaux se sont mobilisés pour adopter des projets de loi discriminatoires contre les personnes transgenres, avec 129 lois anti-LGBTQI+ introduites dans les assemblées législatives des États en 2017. À l’échelle nationale, le refus récent de la Cour suprême d’entendre deux appels émis par des groupes LGBTQI+ au Mississippi signifie que la loi rétrograde de l’État sur la « liberté religieuse » qui permet aux entreprises de refuser de servir les personnes LGBTQI+ a été maintenue.

Au-delà de la montée de la discrimination à l’époque de Trump, ses politiques générales de droite et anti-travailleurs auront un impact disproportionné sur les personnes LGBTQI+. Les réductions d’impôt massives de Trump donnent aux grandes entreprises comme Amazon plus de 789 millions de dollars par année tout en imposant aux travailleurs le fardeau de financer des programmes de services sociaux essentiels.

Cependant, la capacité de Trump et de l’establishment politique à mener à bien ce programme n’est nullement garantie ! La manifestation de 40 000 personnes à Boston en août dernier contre l’Alt-Right après Charlottesville a repoussé l’organisation d’extrême droite d’une manière qu’aucune loi ne pouvait faire. Un autre exemple est la récente victoire historique remportée à Seattle pour taxer Amazon afin de financer des logements abordables qui aideraient réellement les personnes LGBTQI+.

Dans ces deux cas, et d’innombrables autres, c’est la puissance de nos mouvements qui remporte les victoires.

Nous avons besoin d’une véritable alternative politique

Malgré leur rhétorique, les dirigeants démocrates refusent d’adopter une position combative pour les personnes LGBTQI+ et de s’opposer aux politiques anti-travailleurs et à la rhétorique haineuse de Trump. Le tristement célèbre projet de loi anti-transgenre « Bathroom Bill » en Caroline du Nord a été voté par onze démocrates.

Malgré le soutien massif de l’opinion publique, la direction nationale des démocrates ne s’est toujours pas prononcée en faveur de l’assurance-maladie universelle « Medicare for All » et, en Californie, elle a bloqué l’adoption d’un système à payeur unique dans tout l’État. L’assurance-maladie pour tous serait un grand pas en avant pour les personnes LGBTQI+ en leur assurant l’accès à des soins de santé qui tiennent compte des spécificités de genre, à la prévention et au traitement du VIH/sida.

Cela montre à quel point nous avons besoin d’un nouveau parti politique qui ne prend pas l’argent des entreprises, qui pourrait vraiment se battre pour les intérêts des LGBTQI+ et des travailleurs. L’approche hypocrite de l’establishment politique à l’égard des besoins des LGBTQI+ est peut-être mieux incarnée par la corporatisation des défilés de la Pride eux-mêmes. En fait, la Pride a pris naissance lors des émeutes de Stonewall, à New York, en 1969, dirigée par des femmes transgenres en réaction à la violence policière. Elle sert maintenant en partie d’outil marketing pour les mêmes grandes sociétés qui font activement pression contre les soins de santé universels, le financement de logements abordables et les salaires minimums plus élevés ; des politiques qui aideraient de façon disproportionnée les personnes LGBTQ.

Nécessité d’un mouvement LGBTQI+ combattant

Les racines radicales de la Pride montrent la voie à suivre. Nous avons besoin d’une approche combative de la libération des LGBTQI+, de mouvements de masses qui luttent pour un véritable changement. Nous avons vu des éruptions de lutte sociale ces dernières années, comme le nouveau mouvement des femmes, le mouvement Black Lives Matter, les manifestations anti-Trump, les grèves des enseignants balayant les « états rouges », et le mouvement autour de la campagne présidentielle de Bernie Sanders en 2016.

Qu’il s’agisse des grèves des enseignants qui ont permis d’augmenter considérablement les salaires des enseignants et le financement des élèves, ou de la récente lutte de Tax Amazon à Seattle, les plus grandes victoires viennent lorsque tous les travailleurs se solidarisent. De même, le mouvement LGBTQI+ doit lier la défense de nos acquis à des revendications plus larges qui profiteront à tous les travailleurs et aux personnes LGBTQI+.

Pendant que nous luttons contre les crimes haineux et les projets de loi sur le « Bathroom Bills », nous luttons pour un logement abordable pour tous, des salaires décents et des soins de santé universels.

En même temps, nous devons armer ces mouvements avec les stratégies et tactiques nécessaires pour remporter le maximum de gains pour les personnes LGBTQI+. Nos mouvements doivent être prêts à utiliser notre pouvoir collectif en organisant des rassemblements, des marches, des grèves et des actions de désobéissance civile non-violente. À l’Université de Washington, les travailleurs diplômés ont fait des soins de santé trans-inclusifs l’une de leurs principales revendications lors de leur récente grève. Cette approche montre la voie à suivre.

Un monde socialiste est possible

Alors que Trump et Pence tentent de réduire à néant les progrès que nous avons réalisés sous l’administration Obama, on nous rappelle que dans une société capitaliste, chaque victoire que nous remportons est vulnérable et fragile. C’est pourquoi Socialist Alternative lutte pour une transformation socialiste de la société, où les besoins des gens passent avant ceux des actionnaires, où la discrimination est jetée dans les poubelles de l’Histoire et où nos différences sont célébrées plutôt que d’être utilisées pour nous garder séparés.

Les patrons et les politiciens qu’ils ont achetés savent que si les travailleurs et tous les opprimés étaient unis dans une lutte commune pour un logement, un emploi, une éducation et des soins de santé garantis, leurs énormes profits seraient menacés.

Ce n’est qu’en unissant nos mouvements et en combattant bras dessus bras dessous que nous gagnerons le monde que nous méritons. La lutte pour un tel monde est de savoir comment nous pouvons obtenir une véritable libération pour les LGBTQI+ et toutes les personnes opprimées.

Publié en juin 2018 sur le site Socialist Alternative.


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