Pologne. Nouvelle mobilisation pour le droit à l’avortement

Quelques milliers de personnes ont manifesté, dimanche 13 décembre à Varsovie, pour protester contre l’arrêt du Tribunal constitutionnel imposant une interdiction quasi totale de l’avortement dans ce pays, et pour réclamer également le départ du gouvernement conservateur.

Les manifestant-e-s ont traversé la ville pour se rendre devant le domicile du vice-premier ministre, Jaroslaw Kaczynski, considéré comme l’homme fort des conservateurs au pouvoir (PiS) et comme le véritable responsable de la décision du tribunal.

Cette mobilisation prend place peu après des mouvements massifs un peu partout en Pologne pour défendre le droit à l’avortement.

La lutte n’est pas finie

En Pologne, les attaques de la part des partis ultraconservateurs contre les personnes LGBTQI+ ne sont pas nouvelles. Un tiers du territoire polonais a déjà adopté des résolutions contre la soi-disant “idéologie LGBT”.Les attaques contre le droit à l’avortement sont aussi pléthore : Des actions avaient déjà pris place en juillet-août pour protéger le droit à l’avortement déjà très restreint dans ce pays.

En Octobre, des mouvements de masse spontanés avaient également émergés un peu partout en Pologne, et cette colère n’est certainement pas encore retombée -on pourrait voir exploser davantage de mouvements dans les mois à venir. Cette nouvelle mobilisation du 13 Décembre le montre d’ailleurs : la lutte est loin d’être finie !

Comme notre camarade de ROSA Polska, Tiphaine, explique:  “Pour porter un coup décisif au gouvernement, il faut une grève générale : la possibilité de bloquer l’économie est une arme redoutable. L’entrée en lutte de la classe ouvrière montrerait qui fait réellement fonctionner l’économie et la société. (…) Alternatywa Socjalistyczna et ROSA Polska appellent à la création de comités de grève démocratiques au niveau local pour organiser la lutte, décider des revendications, et élire une direction locale et nationale. Ces dirigeants seraient élus sur base de leur expérience, en ayant fait leurs preuves dans le mouvement, et seraient révocables s’ils ne répondent plus aux attentes de celles et ceux qui les ont élus.

Attaque sur la convention d’Istanbul

Depuis quelques mois, les partis d’extrême droite en Pologne comme le PiS tentent également de rejeter la convention d’Istanbul (traité international du Conseil de l’Europe de 2011 qui vise à «prévenir, poursuivre et éliminer» la violence à l’égard des femmes, ainsi que protéger les droits des victimes, «sans discrimination aucune» fondée notamment sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre).

A la place, ils veulent la remplacer par un autre traité qu’ils ont initié et qui cherche à renforcer et protéger “les droits des familles traditionnelles” au détriment des minorités sexuelles et de genre.

A l’heure actuelle, nous apprenons qu’ils ont également commencé des efforts diplomatiques dans les pays voisins pour rallier le soutien à cette «convention des droits de la famille». Des représentants de deux groupes ultra-conservateurs polonais ont affirmé que cette convention a déjà été accueillie avec intérêt par les membres des gouvernements de la Hongrie et de la Slovaquie.

Au total, ils appellent à 13 pays (dont la Bulgarie, la République Tchèque, etc.) qui  n’ont pas encore approuvé la Convention d’Istanbul, de soutenir ce ‘contre-projet’ et faire alliance avec la Pologne. C’est en tout cas ce qu’a déclaré Lidia Grabczuk, une dirigeante du Congrès social chrétien. Elle ajoute qu’ils pourraient être ‘pionniers’ en créant une voix forte en Europe centrale et orientale en faveur du «oui» à la famille ‘naturelle’ et «non» au genre ».

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, membre du parti Pis (parti au pouvoir) a demandé à la cour constitutionnelle du pays d’examiner si la Convention d’Istanbul était conforme à la constitution polonaise et a proposé de la rejeter.

Cette attaque sur la convention d’Istanbul prend place dans le contexte de tensions économiques et sociales énormes en Pologne et en Europe de l’Est, des tensions qui ont été exacerbées par la pandémie covid-19. La volonté pour les gouvernements ultraconservateurs du PiS ou d’Orban d’imposer un tel modèle de ‘valeurs traditionnelles familiales’ est une réponse autoritariste à la colère sociale; la confiance envers leurs institutions capitalistes est proche de zéro.

Pour reprendre le contrôle de la situation, quoi de mieux que de contrôler ce qui est le coeur même du système capitaliste : la famille nucléaire, patriarcale, hétéronormée. Et de punir tout ce qui ne correspond pas à cette idéologie, comme, entre autres, la communauté LGBTQI+ ou bien les droits reproductifs des femmes, comme le droit à l’avortement, pourtant un droit fondamental humain…

Rosa Polska – la Campagne ROSA en Pologne

La Campagne Rosa -présente également en Pologne- (@Rosa Polska), soutient tous les mouvements sociaux qui se mobilisent depuis quelques mois pour défendre les droits des femmes et des personnes LGBTQI+ en Pologne. Nous luttons contre le système capitaliste qui nous divise pour mieux régner ainsi que ses idéologies dont l’extrême droite est un symptôme … La précarité croissante et les problèmes sociaux offrent aux populistes de droite la possibilité de monter des groupes de la population les uns contre les autres. Ainsi, les violences augmentent et les oppression, toujours plus visibles…

Nous nous opposons à cette idéologie divisive avec notre campagne féministe socialiste et nos actions. Nous luttons contre ce système capitaliste et l’extrême droite avec un programme de revendications socialistes fortes tels qu’un salaire minimum, l’investissement massif dans des refuges pour les victimes de violence, dans l’enseignement, dans les services publics, etc.  afin de Résister contre l’Oppression, le Sexisme et l’Austérité.

 Il est plus que nécessaire de nous mobiliser ! Rejoins-nous !


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ROSA organise des actions, des événements et des campagnes pour combattre le sexisme et le système qui l’entretient : le capitalisme.