[Action] Journée mondiale du droit à l’avortement

Une action est organisée ce dimanche 11 octobre, à laquelle la Campagne ROSA participe afin de dire aux politiciens que cette loi n’est pas un billet d’échange à la formation d’un gouvernement mais bien un de nos droits fondamentaux : celui de disposer librement de notre corps !

La semaine passée, le 28 septembre, avait lieu la journée mondiale de l’avortement. Journée qui nous rappelle à quel point nous ne sommes pas égales face à l’avortement et qu’il y a encore énormément de progrès à faire que ce soit en Belgique ou même partout dans le monde.

En effet, dans de nombreux pays tels que l’Andorre, les Philippines, le Sénégal… le droit d’avorter n’est toujours pas acquis et est donc, interdit.

Cette interdiction ne diminue pourtant pas le nombre d’IVG pratiquées. Dans ces pays, les femmes se tournent alors vers des pratiques clandestines, non-médicalisées et dangereuses pour leur santé et leur vie. Selon l’ OMS, environs 25 millions  d’avortements à risque sont pratiqués dans le monde chaque année, et que toutes les 9 minutes, une femme meurt d’un avortement clandestin.

Des droits attaqués partout dans le monde…

Dans les pays où l’IVG est autorisée, on constate une multiplication des attaques directes ou indirectes à l’encontre de la liberté des femmes à disposer de leur corps, provenant de partis d’extrême droite ou conservateurs.

Par exemple, en Pologne où l’avortement est déjà très restreint car il ne peut être pratiqué qu’en cas de viol, de malformation du fœtus ou de danger pour la santé de la femme.
Ces conditions, rendant  la possibilité d’avorter  très difficile, risquent de se réduire encore puisqu’à plusieurs reprises ces dernières années, les partis conservateurs locaux ont déposé des propositions de loi visant à interdire l’IVG en cas de malformation du fœtus. (Voir notre article ici)

On peut facilement trouver d’autres exemples d’attaques à ce droit hors de l’Europe : aux USA (Texas) , en avril dernier, durant le confinement, les républicains ont profité de la peur et de l’incertitude de la population pour restreindre l’accès aux procédures médicales vitales et a interdit les avortements. Et ce n’est pas un cas isolé : ce droit a été attaqué un peu partout aux Etats-Unis ces dernières années, particulièrement sous la présidence de Donald Trump. (Nous en avions d’ailleurs parlé ici)

Et au niveau de la Belgique?

En Belgique, le droit à l’avortement n’a pas toujours été légal. Avant 1991, l’avortement figurait parmi les crimes « contre l’ordre des familles et contre la moralité publique ».  Il a été légalisé partiellement  à partir de 1991 soit, 70 ans après la Russie ! Cette légalisation s’est produite dans un contexte très particulier: il a en effet fallu que le Roi Baudouin se dise dans l’incapacité de régner pendant 48 heures pour que la loi soit signée lors d’un Conseil des ministres spécial, puisque lui-même était contre ce droit.

Celle-ci est restée dans le code pénal jusqu’en 2018, année où elle a enfin été “dépénalisée” .
Dépénalisée dans les écrits, mais dans les faits, rien n’a vraiment changé : l’IVG est bien sortie du Code pénal, mais les sanctions pénales sont maintenues pour les femmes et les médecins si cette IVG est pratiquée hors des conditions prévues par la loi.

Et maintenant, dans les faits ?

Au niveau de la loi, l’IVG doit avoir lieu avant la fin de la 12ème semaine de conception (14 semaines d’aménorrhée autrement dit d’absence de règles) ; Et un délai de six jours de réflexion doit être respecté entre la première consultation prévue et le jour de l’IVG. Ce délai ne peut être raccourci sauf s’il existe une raison médicale urgente pour la femme d’avancer l’interruption de grossesse.

Ces conditions sont cumulatives. Autrement dit, si elles ne sont pas toutes respectées, la·le médecin et la femme ayant eu recours à l’IVG sont susceptibles d’être puni.e.s d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de cinquante à deux cents euros.

Les femmes ayant dépassé le délai n’ont alors pas d’autre choix que de devoir se rendre aux Pays-Bas où la loi est plus souple. Cela demande des moyens et certaines n’ont évidemment pas la possibilité matérielle ou financière de s’y rendre. Cela montre une nouvelle fois, l’incohérence de notre législation ainsi qu’une profonde discrimination. De plus, le temps obligatoire de réflexion est vécu comme une véritable souffrance psychologique supplémentaire pour de nombreuses femmes.

Des jeux politiques

Encore maintenant, le droit à l’avortement est utilisé dans des jeux politiques : la loi IVG pour la dépénalisation complète de l’avortement est encore une fois reportée et renvoyée en Commission justice de la chambre alors qu’une majorité de députés y étaient pourtant favorables!

Cette proposition de loi, poussée entre autres par les mouvements féministes représente pourtant  un pas en avant dans la mesure où :

  • elle prévoit de supprimer toute sanction pénale en matière d’avortement ;
  • elle propose d’étendre le délai durant lequel nous pouvons procéder à un avortement. Il passerait de 12 semaines actuellement à 18 semaines ;
  • elle réduit le délai de réflexion obligatoire avant de pouvoir avorter. Il passe de 6 jours à 48 heures.

Ce projet de loi avait déjà été reporté par deux fois à la demande de plusieurs partis comme  la NVA, CD&V, le CDH, le Vlaams Belang . Ce nouveau report, a été réalisé dans le cadre des négociations gouvernementales : il est dû au fait que  les partis qui composent la Vivaldi ont accepté le véto du CD&V, pour la formation du nouveau gouvernement.

Cela montre que ces partis s’opposent toujours à ce droit fondamental pour les femmes, et que si nous ne nous mobilisons pas, ce droit sera toujours menacé.

Avec la Campagne ROSA, nous avions organisé une action très réussie au mois de juillet pour dénoncer cela.

Cette loi n’est pas un billet d’échange à la formation d’un gouvernement mais bien un droit fondamental ! Notre réponse sera dans la rue !

A cette occasion, une action est organisée ce dimanche 11 octobre à 15h à la Gare centrale de Bruxelles, à laquelle la campagne ROSA participe afin de dire aux politiciens que cette loi n’est pas un billet d’échange à la formation d’un gouvernement mais bien un de nos droits fondamentaux : celui de disposer librement de notre corps !

Haut et fort, nous allons clâmer nos revendications:

  • Pour un choix réel : défense du droit à l’avortement ET du droit à avoir des enfants sans risquer de tomber dans la pauvreté !
  • Pour une dépénalisation totale de l’avortement en Belgique et partout à travers le monde, accessible et de qualité !
  • Pour un accès à l’avortement tout au long de la crise covid. Stop aux attaques de la droite sur le corps des femmes pendant le confinement, pendant la crise covid, et après !!!
  • Une éducation sexuelle et une contraception gratuite !
  • L’assurance maladie pour toutes et tous ! L’avortement doit être gratuit, légal et accessible.

Montrons aux politiciens qu’ils n’ont aucun droit de décider à notre place à propos de notre corps !
Rejoins-nous dans  cette lutte contre les restrictions à l’avortement !

My body, my choice !


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